LATCHAVE

 

La tchave est un terme d’argot lorrain qui signifie s’en aller. C’est également le titre choisi par Thomas Clémente, jeune artiste né à Metz et vivant depuis toujours dans un village alentour, pour sa première exposition personnelle.

Mêlant avec subtilité symboles antiques et codes visuels contemporains, LATCHAVE retrace une épopée contemporaine: celle d’un héros de l’ordinaire qui tente d’échapper au déterminisme social auquel le destine sa jeunesse passée en milieu rural.

Réunissant une multitude de médiums (peinture, dessin, photographie, installation, vidéo), l’exposition se déroule suivant 3 chapitres distincts, supposément chronologiques.

Chacun des 3 chapitres propose un récit initiatique autonome qui fait écho aux grands mythes fondateurs de la société occidentale. Bien que l’on devine aisément la genèse autobiographique de l’histoire, le protagoniste principal est toujours masqué: un héros lambda sans nom ni visage, confronté à de mystérieux rites de passages.

Avec la volonté de révéler l’extra dans l’ordinaire, Thomas Clémente élabore ici une liturgie toute personnelle qui emprunte ses référents aussi bien aux légendes Grecques qu’à l’iconographie des FPS (type de jeu vidéo à l’esthétique caractéristique fondée sur des combats en vision subjective).

Appel à l’insoumission contre la fatalité, l’exposition laisse entendre que l’émancipation pourrait résider dans la capacité à envisager sa vie comme une fiction. Ce protagoniste anonyme qui semble jouer à se croire invincible c’est Achille luttant contre le quotidien, son talon (noyau de sa vulnérabilité) incarné par l’ordre social imposé.

À travers la mise en œuvre de ce cheminement émancipatoire aux résonances universelles, l’exposition LATCHAVE nous rappelle fort à propos que l’essentiel n’est pas le chemin tracé pour tout un chacun mais la perspective de pouvoir, potentiellement, y déroger.

Charlotte Boulc’h

 

Copyright © Thomas Clémente